Poudre

Pouvoir vivre sans attendre
Cette mort qui nous veut

Pouvoir écrire avec mes cendres
Pour vous jeter de la poudre aux yeux

Pouvoir fendre la peur
D’un coup de hache de la vie

Pouvoir

Resserrer en mon cœur
Un bout du paradis

Là où les oiseaux ont grandi.

Photo, encore vivante
cimetière

Mon père et moi

Sur cette photo, j’avais peut-être 6 ans, peut-être un peu plus, peut-être un peu moins…je ne sais plus.  Ni mon père ni ma mère ne peuvent le confirmer.  J’avais peut-être encore un peu de jeunesse dans le corps.  Ça, je puis le constater, j’étais encore jeune.  J’ai été jeune jusqu’à l’âge de 12 ans. Et oui, à l’âge de 12 ans, je jouais encore à la poupée Barbie, c’est peu dire.  Mon papa chéri, mort si jeune (45 ans), mort accidentellement, violemment.  Frappé par un automobiliste alors qu’il était en moto, il demeura 4 mois dans le coma. Vous savez, j’avais 12 ans quand mon père était à l’hôpital .  Lorsqu’il emprunta le chemin du paradis, j’en avais 13.  Ne me demandez pas si je me souviens de ma fête, je vous parle de celle de mes 13 ans, je ne m’en souviens plus. Plus jamais je ne me souviendrai…

J’étais bien jeune pour te perdre papa, je commençais à peine à être une ado détestable.  Il est tellement dommage que nous n’ayons pu nous disputer.  Parce que tu sais, aujourd’hui, je cherche uniquement tout cet amour que tu aurais pu me donner et qui m’a toujours manqué, terriblement.
Je t’aime papa et bientôt, je viendrai te le dire là ou tu es, là-haut tout près de maman.papa